Valorisation du Landes de Bretagne à la Ferme de Toulan

04 octobre 2018

Mon vécu personnel avec le mouton Landes de Bretagne

Mon vécu personnel avec le mouton Landes de Bretagne

Introduction

L’histoire que j’ai contribuée à écrire sur cette population ovine, aujourd’hui en plein renouveau, débute pour moi  en 1994 avec la constitution d’une ferme pédagogique à vocation conservatoire à la Maison de la nature du Bois Joubert Donges (44). J’ai eu à prospecter et acquérir les animaux des races pressenties outre la vache Nantaise déjà présente depuis 1985 (Moutons Landes de Bretagne et Belle-île, Chèvres des Fossés et Poitevine, porc Blanc de l’Ouest, poule Noire de Challans, …). A ce moment-là je dois avouer que je n’avais jamais entendu parler de cette population ovine.

De 1994 à 2018, il s’est passé beaucoup de choses au niveau de la dynamique, dynamique qui a été partagée jusqu’à présent entre un certains nombres d’acteurs différents, mais on s’aperçoit  que la progression des effectifs, notamment depuis 1998, a été très forte et à peu près linéaire (+15 à 18% par an) ; et tous ceux qui y ont contribué peuvent être fiers de cette action emblématique de la conservation sur le terrain.

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Pour moi, l’action de conservation du mouton Landes de Bretagne commence en 1988 avec l’acquisition de reproducteurs en Brière par un technicien animateur (Pierre Le Floc’h) de la Réserve SEPNB de Goulien Cap Sizun pour gérer les falaises et favoriser le retour du Crave à bec rouge. On peut considérer que c’est le premier troupeau conservatoire du Landes de Bretagne, d’autres viendront rapidement ensuite (Réserve de Séné, Ecomusée du pays de Rennes, PNRA, Ferme des vallées en Charente,..).

Mais il faudra attendre 1995 et une première réunion à Donges (44), initiée par le Pr Bernard DENIS de l’Ecole vétérinaire de Nantes, réunissant les premiers intervenants autour de ce mouton ; de mémoire (puisque j’y étais) il y avait M.Lévèque (St lyphard – élevage fondateur), P.Martin (Missillac – élevage fondateur), P. Le Floc’h (réserve cap Sizun), Ferme des Vallées (ferme pédagogique en Charente), G.Bono (éleveur particulier 56), L.Reveleau, B.Denis et X.Malher (Ecole vétérinaire de Nantes). Mes excuses à ceux que j’oublierais…

 

L.Reveleau en démonstration pratique avec groupe d’éleveurs Landes de Bretagne à l’Ecomusée du pays de Rennes en 2008

Louis Reveleau a exercé pendant l’essentiel de sa carrière en tant que professeur de zootechnie au CEZ de Rambouillet où on dire qu’il a connu et formé des « bataillons » de bergers et futurs éleveurs ovins de toute la France. Il y a suivi de près le cheptel unique de Mérinos de Rambouillet et participé à la création de l’INRA 401 (aujourd’hui dénommée Romane). Il a également accompli dans les années 90, pour le compte du Ministère, des actions de repérage, inventaire de troupeaux dans une dizaine de races à petits effectifs du Nord Ouest de la France – des races normandes au Berrichon de l’Indre en passant par le Bleu du Maine et la population qui nous concerne aujourd’hui.

 

En 1995, Louis REVELEAU effectue une tournée d’élevages (Martin, Lévèque, Cap Sizun, Ville de Douarnenez, ferme EDE de Mauron,..) et réalise des pesées-mensurations. Ces mesures montent une certaine hétérogénéité du format des brebis. Il conclura à cette époque qu’il faudra « rester très libéral  dans l’appréciation des caractères phénotypiques ».

Une deuxième réunion en 1996 réunira à peu près les mêmes personnes. Ces rendez-vous informels auront un réel mérite, celui de conforter les deux élevages fondateurs ainsi que les premiers sites conservatoires qui en sont issus. Ils les encourageront ainsi à poursuivre dans l’élevage de cette population des Landes de Bretagne qui commence à renaître.

Les deux élevages fondateurs :

 

  • Maurice LEVEQUE : a des Landes de Bretagne depuis longtemps (se parents en avaient déjà). Il a été le seul, des quatre familles briéronnes à éleveur de manière permanente du Landes de Bretagne sur la Butte des pierres (île briéronne), à prendre conscience de la nécessité de retirer ses animaux afin d’éviter les croisements inévitables avec les béliers de races sélectionnées arrivés sur la butte au début des années 80. Décédé prématurément en 2005, son troupeau mené conjointement avec son cousin (D.Lebeau) n’a pas perduré au-delà de 2008. A noter que les briérons faisaient saillir leurs brebis par les agneaux de l’année, donc un nombre important de mâles, ce qui a probablement permis de débuter une sauvegarde avec une population riche d’une bonne diversité.

 

  • Paul MARTIN  de Missillac : a acquis en 1976 des animaux chez Armand BELLIOT en Brière, ce qui a permis de considérer cette souche comme fondatrice. Il a élevé des Landes de Bretagne jusqu’en 2017, merci Paul pour ta persévérance, pour tous les reproducteurs que tu as fournis en 30 ans et toutes les informations transmises aux nouveaux acquéreurs, quelles soient techniques ou historiques !

 

 

En février 1998 a été créé le CRAPAL (Conservatoire des Races Animales en Pays de la Loire) sous l’impulsion de la Région qui souhaitait une interface avec les associations d’éleveurs, et de l’Institut de l’Elevage (IDELE aujourd’hui). Alors salarié SEPNB-Bretagne Vivante au Domaine du bois Joubert, j’en fus le premier animateur. Dès l’automne suivant, j’accompagne L.REVELEAU pour une tournée exhaustive des élevages Landes de Bretagne (la tournée en mouton Belle-île suivra en décembre 1998). C’est à ce moment-là que j’ai compris deux choses importantes grâce à L.REVELEAU :

  1. Pour une sauvegarde dynamique efficace, rien ne remplace les visites de terrain.
  2. On va peut-être pouvoir faire quelque chose de ce petit mouton non sélectionné.

Mais je vais revenir sur ces deux points :

1. Les visites de terrain permettent :

  •  non seulement de recenser et authentifier des animaux appartenant à une population recherchée, certes hétérogène dans ses formats retrouvés mais finalement assez homogène dans ses variétés de couleurs observées,
  • Mais également de conforter l’éleveur visité à poursuivre dans cette voie, lui dire qu’il n’est pas seul et que du groupe d’éleveurs se formant sortira des besoins d’échanges de reproducteurs et des initiatives, pourquoi pas, de valorisation,
  • Et puis parfois (souvent ?) de faire passer quelques conseils techniques favorables à un élevage simple avec des interventions limitées mais incontournables.

 2. Que faire de ce petit mouton non sélectionné, de petit gabarit et non conformé ?

Dès 1998, deux éleveurs professionnels en agriculture biologique se lancent dans sa valorisation viande (P.ANDRE du 29 et F.CHEVALLIER du 44), en vente directe auprès des consommateurs. Ceux-ci constateront tout de suite une viande atypique, rouge et goûteuse avec un gras blanc et ferme.

Les débuts de la sauvegarde ont vu un attrait pour ce mouton jugé rustique à des fins de gestion de sites naturels ou historiques. C’est ainsi qu’on a pu le voir (puisque ces sites sont ouverts au public) sur les réserve de Goulien cap Sizun (29) et de Séné-Falguérec (56), ainsi que le site mégalithique de Carnac (56) où un petit cheptel a été installé en février 1996 pour « abroutir »[1] les ajoncs afin n’envahissent pas – tout en restant présents - les alignements de menhirs (expérimentation appuyée techniquement par L.REVELEAU et scientifiquement par jl.TOULLEC de la SEPNB).

 

A la fin  des années 90, il n’est pas encore évoqué de création d’association d’éleveurs, le CRAPAL poursuit donc ses tournées d’élevage, les liens téléphoniques et la mise à jour d’un fichier partagé d’élevages qui s’étoffe de plus en plus (voir tableau plus bas).

L.REVELEAU, en tant qu’enseignant, propose également des journées de formations techniques (interventions minimum, manipulations simples). Plusieurs se dérouleront, soit à l’Ecomusée du pays de Rennes, soit au Domaine de Menez meur (29 – propriété du PNR Armorique). Pour l’anecdote, les éleveurs qui les ont suivies s’en rappellent aujourd’hui et en citent tout l’intérêt d’alors pour eux.

 

Les performances zootechniques de cette population évoluent rapidement avec l’amélioration du niveau alimentaire : ainsi, on a pu remarquer une augmentation du format avec des brebis qui dépassent largement les 50 kg et de la prolificité avec des lots à 1.5-1.6 (contre 1.2 dans les années 80).

 

Recherche tremblante :

Lorsqu’en fin des années 90 ( ?) sort la crise de « la vache folle », l’Etat cherche à montrer « patte blanche » en mettant en place un programme de recherche et de lutte contre la tremblante ovine (maladie ayant un peu les mêmes effets  que pour les bovins avec l’ESB) les races dites sélectionnées s’y engagent et commencent à sélectionner des béliers, uniquement porteurs du gène de résistance à la tremblante (ARR/ARR). En 2002, le CRAPAL (comme le Conservatoire d’Aquitaine) est sommé de s’y engager comme pour les grandes races ovines. Nous insistons alors sur le fait que nous serions d’accord pour effectuer un sondage dans la population mais que nous nous refusions à effectuer une quelconque sélection génétique (mise de côté d’une partie des animaux) qui ne nous semblait pas du tout opportune à ce moment de la sauvegarde. 191 prélèvements vont avoir lieu (réalisés par L.Reveleau et R.Fresneau) sur plusieurs années : Les résultats (fréquence de 58% ARR « résistants » – 42% ARQ « peu sensibles) rassurent les intervenants autour du Landes de Bretagne puisqu’on n’y a pas alors décelé d’animaux VRQ « très sensibles». Nous en resterons donc là sur ce sujet.

 

Evolution des élevages et des effectifs en race Landes de Bretagne

 

 

En 2004, les effectifs sont alors de 700 brebis dans 80 sites (élevage d’au moins 1 brebis avec un bélier de pure race), quelques éleveurs décident de créer une association concernant deux races, bretonnes à leurs yeux (Landes de Bretagne et Belle-île). Celle-ci prend le nom de « Moutons des pays de Bretagne – Deñved ar vro ». On se remémorera la passe d’armes interne entre les éleveurs bretonnant et les autres du pays gallo pour finalement opter sagement pour une appellation dans les deux langues. Cette association va plutôt être animée au début par des éleveurs amateurs ; pendant les dix premières années, les professionnels, peu nombreux alors, n’en prenant pas les commandes. Cette situation changera petit à petit ensuite jusqu’à ce que les professionnels soient largement représentés depuis 2014.

Parallèlement, le CRAPAL, avec des moyens de la Région Pays de la Loire et du Ministère) va poursuivre son rôle de suivi de l’ensemble des élevages (principe d’exhaustivité) car tous les éleveurs n’adhèrent pas (encore ?) à l’association (50% seulement). Il faut noter que cette dernière ne partage pas son listing d’éleveurs auprès de chacun des détenteurs, ce qui occasionnera des remarques de la part du CRAPAL (une information qui  circule librement renforçant les liens et dynamisant la création de nouveaux élevages). Le CRAPAL va ainsi récupérer pas mal d’adresses nouvelles transférées à l’association.

 

Conservation ex-situ :

Si pour le mouton Belle-île, une opération de congélation de semences de béliers a été envisagée puis réalisée en 2001 (2 béliers) puis en 2015  (2 béliers), cela n’a pas été jugé alors comme une action fondamentale pour le Landes de Bretagne, conjointement par les éleveurs, le CRAPAL et l’Institut de l’Elevage (au vu de la dynamique de redressement de cette population avec présence d’un nombre important de béliers en service dans les élevages). On pourrait se poser la question aujourd’hui : personnellement je n’en pense pas grand-chose d’autant plus que ma préférence va toujours d’abord au soutien in-situ (des élevages), plutôt qu’ex-situ. Cependant, si des moyens supplémentaires étaient octroyés, on pourrait envisager la collecte de béliers :

  1. représentatifs de la situation actuelle, ceci avant la transformation de cette population au fil du temps notamment par les éleveurs professionnels,
  2. représentant des souches ou des phénotypes isolés (y en a-t-il ?).

A partir de 2007, l’Association se dynamise avec un nouveau bureau, parallèlement à l’accès au financement de la région Bretagne ; Ces nouveaux moyens, coordonnés par le PNR Armorique (J.SERGENT), vont permettre d’envisager de nouvelles actions telles que les formations nouveaux éleveurs, formation tri de la laine à partir de 2011, et surtout le lancement de la première expérimentation de valorisation laine par la commission laine de l’association (en 2011 puis 2012). Ce premier stock de laine à tricoter sera revendu à B.OSBORNE quand il créera « Les Toisons bretonnes ». Une marque collective « Laine de Bretagne – Gloan breizh – British wools » est déposée par l’association en 2011. La commission laine n’a pas perduré alors et on en est aujourd’hui à espérer que plusieurs membres s’en resaisissent et permettent à tous ceux qui sont intéressés de s’y joindre petit à petit afin que l’essentiel de la laine, aujourd’hui majoritairement jeté, puisse être valorisé.

Un groupe professionnels se créée au sein de l’association en 2013; il a pour but de réfléchir aux actions qui permettraient de s’améliorer techniquement, de mieux connaître la race et ses produits afin de les promouvoir correctement, d’accueillir les porteurs de projets en leur fournissant des données fiables avant leur installation… Ce groupe s’est réuni plusieurs fois en 4 ans mais demande à mes yeux à être dynamisé avec l’aide conjointe de nos deux fédérations régionales et leurs animateurs-trices.

Une marque est déposée en novembre 2017 « L’agneau Landes de Bretagne ». Il reste maintenant à dynamiser celle-ci d’une manière collective. Il semble au premier abord que les éleveurs souhaitent plus en faire un outil de communication global de promotion de la race qu’un outil de promotion individuel de la viande d’agneau à utiliser par chacun au-travers de sticks collés sur chaque colis.

Nous n’en sommes qu’au début du renouveau du Landes de bretagne, de plus en plus de jeunes s’y intéressent et créent des cheptels professionnels, dont 2 passent maintenant les 200 brebis ; mais la valorisation, bien que se faisant sans difficulté en vente directe auprès d’un public à la recherche de racines autant que de goût, reste confidentielle. Tout reste donc à inventer, si possibkle collectivement : relier systèmes d’élevage et d’engraissement aux produits, objectiver les qualités organoleptiques, savoir en parler, se faire connaître et reconnaître, installer une renommée, ....

En attendant, il y a rapidement un palier à franchir par chacun des éleveurs professionnels, c’est la fierté d’élever cette race bretonne : le penser c’est bien, le dire c’est mieux !

Voilà en quelques mots mon vécu autour de cette race qui m’est chère. L’histoire continue … et plus nous serons à l’écrire, plus elle en sera riche et partagée. Le Landes de Bretagne a de beaux jours devant lui, gageons que les éleveurs sauront le porter hauts et fiers.

Régis FRESNEAU – octobre 2018

PS : Cet article a vocation à s’étoffer et s’amender le cas échéant.



[1]Le fait que les moutons mangent chaque été la pousse annuelle encore molle et appétente permet à l’ajonc de garder un format petit et arrondi.

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29 juin 2018

Pourquoi élever des moutons de race locale?

Interview du média web Reporterre le dimanche 10 juin à la Foire aux béliers - Ecomusée du pays de Rennes

https://reporterre.net/IMG/mp3/2018-06-10_-_1m1q_regis_fresneau_mp3.mp3

 

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21 avril 2018

Peser les agneaux à la naissance ?

Personnellement, je pèse les agneaux à la naissance depuis 10 ans parce que Louis Reveleau, ancien Professeur de zootechnie au CEZ de Rambouillet, l'avait conseillé, à moi et autres éleveurs professionnels de Landes de Bretagne ou Belle-île l'ayant cotôyé. Ce conseil me parait aujourd'hui avoir autant de valeur parce qu'une corrélation a été régulièrement établie entre le poids à la naissance et le poids final d'agneaux à âge comparables. De même que ce poids de naissance est en lien direct avec la mortalité péri natale: plus l'agneau ets lourd, plus il a de chances de vivre au delà de 5 jours.

La moyenne de poids obtenus (3.1kg pour les mâles et 2.8kg pour les femelles) ainsi que les écarts ( de 1.5kg mâle double à 4.4kg mâle simple) me permettent également d'apprécier la préparation à la mise bas des brebis, même si cela se fait après coup ...

Je ne saurais donc que conseiller à chacun des nouveaux éleveurs professionnels de peser leurs agneaux notamment à la naissance.

 

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22 décembre 2017

Observer le comportement de ses brebis autour de la mise bas

La période des mises bas est intéressante pour observer le comportement de ses brebis. On s'aperçoit très vite que ce comportement change avec la naissance des agneaux: la brebis peureuse ne bouge presque plus à l'approche de l'éleveur, la brebis plus douce changeant en proportion beaucoup moins.

C'est probablement le meilleur moment pour entrer en contact avec la brebis peureuse ou indépendante. Prendre ses agneaux tout en les montrant à la brebis permet de les boucler et peser; si de plus on lui parle doucement et effectuons des gestes calmes, la brebis est toujours rassurée, il arrive même qu'elle  confonde les mains de l'éleveur et son agneau.

Pour moi c'est un moment important auprès de mes brebis Landes de Bretagne, qui sont plutôt vives de nature ...

Une autre observation concerne le rejet et la non adoption:

  • le rejet: parfois, un agneau est rejeté par sa mère: chez moi avec Landes de bretagne, c'est assez violent (la brebis peut choquer l'agneau contre la paroi) et définitif sauf en présence d'un agneau vif qui se mettrait à têter par derrière dès le premier jour.
  • l'adoption: je n'y suis pas arrivé à ce jour, je n'ai pas essayé non plus de revêtir l'agneau à adopter par la peau de celui de la brebis qui est mort; Il semble tout de même qu'en présence d'une race archaïque comme le Landes de bretagne, l'adoption ne fasse pas trop partie de ses gènes...

Pour terminer, je voudrais évoquer le rôle de l'éleveur au moment d'une mise bas - le couple mère-agneau:

  • en extérieur: laisser la brebis dehors est la meilleure solution à condition d'être en face d'une brebis expérimentée avec 2 agneaux maxi, rentrer la primipare peut lui permettre de découvrir son agneau tranquillement.
  • en intérieur: mettre la brebis primipare en case peut lui laisser le temps d'apprendre à découvrir son agneau; dans tous les cas, séparer les débutantes qui vont passer trop de temsp à démêler quel agneau est à qui?

La sortie du troupeau le matin (si sortie il y a) doit se faire tranquillement en surveillant que chaque petit parte bien avec sa mère, c'est autant de temps de gagné par la brebis pour commencer à brouter. Il est évident que c'est applicable pour un cheptel de 80 brebis, probablement moins à 300 brebis ...

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11 novembre 2017

Finir ses agneaux Landes de Bretagne avant noël, ou les garder en agneaux de repport ?

La question peut se poser en fonction du système d'élevage et de la date de mise bas.

En cas de mise bas d'hiver (décembre à mi-février), selon que les mères puis les agneaux auront accès à une herbe riche et en grande quantité, les agneaux feront une croissance suffisante pour être abbatus entre 7 et 11 mois. Si ce n'est pas le cas et qu'à la pesée (il peut être stratégique d'avoir une bascule), les agneaux stagnent en début d'automne à 25kg, un choix devra être fait par l'éleveur:

  1. Les complémenter avec du foin et des céréales (jusqu'à environ 400grs/jour en 2 apports) pour qu'ils soient sûrs d'atteindre au moins 32kg au départ boucherie avant noël,
  2. Les laisser au pâturage puis passer l'hiver et les repeser fin mars pour aviser de leur date de départ à la boucherie (fin avril avec finition ou fin juin à l'herbe seulement.

on voit bien là que l'éleveur fait en fonction de son système herbager (prairie temporaire en paddocks, prairie permanente ou naturelle, parcours, landes,  ..) et que ses choix vont influencer sur le résultat de carcasse. On veut dire par là que, au-delà du poids de carcasse recherché le plus élevé possible (rendement carcasse/poids vif = autour de 45%), on recherchera la note de gras de 3 (ex O3 sur la fiche d'abbatoir).

Les dégustations à l'aveugle réalisées avec l'appui du CRAPAL n'ont pas véritablement déterminées de différence flagrante entre les viandes issus d'animaux d'âges pourtant sensiblement variables; la poursuite de celles-ci doit contribuer à objectiver cette appréciation.

 

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01 novembre 2017

Une croissance idéale d'un agneau mâle Landes de Bretagne pour la viande ?

Je reprends là un article de 2014 que j'ai mis à jour.

La race Landes de Bretagne est tardive, elle n'a pas été sélectionnée ni sur la précocité, ni sur la vitesse de croissance: on doit se faire à l'idée qu'une très bonne croissance d'un agneau sera au maximum de 180 grs/jour en moyenne sur ses 6-7 mois de vie (né à 3-4 kg + 32 kg en 6 mois, soit un agneau de 35 kg vif).

On évoque là, dans la situation actuelle vécue, un agneau mâle qui sera souvent un simple plutôt qu'un double , ce dernier obtiendra une moyenne plus proche de 150-160 grs/jour maxi et sera abattu plus tard en saison. Pour moi les agnelles sont (presque) toutes gardées pour la reproduction (nécessité de sauvegarde génétique, demande forte dans la race).

Comment obtenir cette moyenne de croissance de 180grs/jour sur les 6 mois?

sachant qu'il y aura 2-3 phases dans cette période:

  • Phase lactée : le lait de la mère est l'aliment unique ou très majoritaire pour les besoins de l'agneau (0- 2 mois), la mère est complémentée par des céréales (ex jusqu'à 250 grs/jour de mélange céréalier en grains); le foin puis le pâturage doivent être à disposition de l'agneau le plus tôt possible (pendant l'hiver) afin notamment d'éviter le stress de la soudaine mise à l'herbe (éviter le risque d'entérotoxémie)
  • Phase intermédiaire: le pâturage entre de plus en plus dans la composition du menu (2-4 mois), l'herbe doit être de qualité et la rotation des parcelles doit être rapide; la tétée est autant un moment de bien-être et de confort pour l'agneau qu'un moment nutritif; il est administré un complément alimentaire à propriétés vermifuges (ex   SPECIAL C (coccidies), puis ANIVER de chez Biomat) en mars, avril, voire mai
  • Phase pâturage: L'agneau peut garder une bonne croissance (proche de la phase lactée) jusqu'à mi-juillet si:
  1. l'herbe reste feuillue
  2. il est tondu vers la mi-mai (propice au redémarrage de l'appétit même en période chaude)
  3. il est sevré de sa mère et éloigné du troupeau (en lot de mâles)

La date de mise bas intervient-elle dans ce résultat ?

Je pense que oui

ayant essayé plusieurs périodes de début de mise-bas: fin novembre, début décembre, début janvier, fin janvier, il me semble que la meilleure période de mises-bas serait entre mi-décembre et mi-janvier, car:

  • Le troupeau est habitué à être rentré tous les soirs et à manger du foin renouvelé quotidiennement (début de complément céréales, + complément avec Ortilmin-accouchement (comptoir des plantes)
  • l'hiver est déjà installé
  • le temps ne sera pas trop long avant les premières pousses d'herbe

Mises bas trop vite (avant décembre) = l'hiver est trop long ensuite et l'agneau perd son élan de croissance

Mises bas trop tard (après fin janvier) = l'agneau n'a pas profité au maximum de la meilleure pousse d'herbe du printemps et l'été arrive déjà ..

Remarque: On parle peu du parasitisme interne car ces meilleurs agneaux n'auront pas l'occasion d'être gênés par ceux-ci; seuls les lots suivants le seront peut-être en fonction de la météo, du type de rotation de parcelles, de l'accès des agneaux aux parcelles fauchées (donc propres), .. L'idéal est de faire une coproscopie en début d'été pour s'en rendre compte. La mise à disposition d'argile en permanence au printemps peut aider l'agneau à se défendre contre les conséquences des changements alimentaires.

Les agneaux nés plus tard ou les doubles, nourris de la même façon, garderont eux aussi l'élan de croissance qui leur permettra d'être abattus à plus de 33-35 kg avant 11 mois (objectif de 15kg de carcasse minimum).

Il est possible également de castrer (à la pince vers 3-4 mois) les agneaux petits et/ou issus d'agnelles afin de ne es faire abattre qu'au printemps suivant.

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22 septembre 2017

Mes brebis dans un fauteuil !

J'ai fait l'acquisition l'an dernier d'un fauteuil (voir photo) qui me permet de tailler les onglons des brebis sans trop forcer et à peu près à hauteur, pour un coût minime (130 €). C'est beaucoup moins cher qu'une cage de retournement, notamment pour mon élevage de 80 brebis.

Je l'ai acheté à l'Alliance pastorale et il est actuellement dans le catalogue (réf 400739 à 138.19TTC).

Le seul inconvénient de ce fauteuil est qu'il ne convient pas aux races plus grosses (grosses brebis Belle-île par exemple)

 Je l'ai placè dans un couloir avant la cage bascule par où sortent les brebis à chaque tri;  de ce fait, les brebis avancent volontairement.

fauteuil1

fauteuil4

Si ça vous dit de travailler en faisant attention à votre dos, achetez-le ?

Régis FRESNEAU

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10 mai 2017

La conservation des races locales, un combat qui n'est pas prêt d'être terminé !

La conservation des races locales, un combat qui n'est pas prêt d'être terminé !

Lorsque les races locales à petits effectifs voient à la fois leurs effectifs animaux et le nombre d'éleveurs augmenter régulièrement voire fortement, on remarque souvent - et c'est probablement assez naturel -  une phase de relachement dans les programmes de sauvegarde menés par les associations d'éleveurs. En fait, tout cela reste très fragile et mérite d'y prêter attention et de faire le point où on en est dans chaque race:

  1. Il ne suffit pas d'augmenter les effectifs d'une race pour qu'elle soit sauvée, la qualité des animaux et la variabilité génétique (faut-il encore la connaître) entre eux sont tout autant importantes,
  2. Un programme de sauvegarde se doit d'être bien compris et partagé par tous les éleveurs (amateurs ou professionnels)

Les principaux axes de sauvegarde:

  1. L'inventaire des élevages et si possible des animaux (bien connaître l'ensemble du cheptel et tous les détenteurs, adhérents ou non)
  2. Créer les outils d'appui à la reproduction nécessaires (collecte de semences, pépinière de béliers, ..)
  3. Mieux connaître la population animale et ses aptitudes (collecte de références - mesure de la variabilité génétique)
  4. Favoriser la circulation de l'information (listing des éleveurs partagé entre tous les détenteurs d'animaux de la race - données généalogiques accessibles sur demande)

Quelles sont les priorités régaliennes que devrait se donner une association d'éleveurs telle que Denved ar vro ?

Point 1: Tenir et mettre à jour un listing d'éleveurs (adhérents et non adhérents) reste la première chose à faire sérieusement et à pérenniser.

Point 2: La collecte de semences a eu lieu en belle-île mais reste liée au stokage de lignées prolifiques. ces semences n'ont pas pour objet d'être réintroduites en routine (réserve génétique). Pas de projet en Landes de bretagne. Par contre, il faudra probablement créer des pépinières de béliers pour les 2 races afin de contribuer à une meilleure reproduction en monte naturelle: là est bien une action à mener directement par l'association.

Point 3: Meiux connaître sa race est un but important pour un éleveur motivé. Il peut le faire seul chez lui (peser ses agneaux à la naissance puis régulièrement, peser ses adultes,..) ou favoriser la collecte chez lui de données afin d'en comparer les résultats entre élevages et dans l'ensemble de la population.

Point 4: Diffuser ses listings de détenteurs d'animaux est un axe fort de la sauvegarde à ne surtout pas négliger.

Quelles actions déléguer à un tiers?

Point 1: S'appuyer sur l'expérience et le professionnalisme d'IDELE en matière de reccueil, stockage et restitution de données généalogiques,

Point 2: Faire collecter de la semence de béliers (si nécessaire) par un centre agréé dont c'est le métier.

Point 3: L'association doit en garder la maîtrise, mais elle peut en déléguer l'opération à un stagiaire (données animales) ou un prestataire (variabilité génétique).

Point 4: La fourniture de données généalogiques via notamment la délivrance de certificats raciaux doit être déléguée à un tiers come IDELE, ou un groupement d'OS.

Conclusion:

Travailler ces 4 points au sein de l'association d'éleveurs puis partager les choix d'actions qui ont été établis et plannifiés, apparait comme incontournable et souhaitable pour la pérennité de nos races même si elles ont déjà retrouvé toute leur place, au-travers de leur beauté patrimoniale et leur utilité !

25 février 2017

Le Salon International de l'agriculture - notre présence autour de FINE, vache Bretonne Pie Noir à l'honneur !

SIA 2017 - du 25 février au 5 mars - Paris Porte de Versailles

La vache Bretonne Pie noir est à l'honneur cette année, FINE est l'égérie du salon !

Cette énorme promotion des races locales bretonnes autour de FINE nous embarque dans une mise en lumière également du mouton Landes de Bretagne présent sur l'espace Bretagne.

Même si nous avions souhaité nous concentrer sur les évènements locaux et régionaux (Bretagne et pays de la Loire), nous ne pouvions pas laisser passer cette opportunité, d'autant plus que les éleveurs de Bretonne Pie Noir ont solidairement imposé la présence des autres races bretonnes (vaches Armoricaine, Froment du léon, Nantaise, Moutons Landes de Bretagne, Belle-île et Ouessant, Chèvre des Fossés, Porc Blanc de l'Ouest, poule Coucou de Rennes) à cette occasion sur un espace nouveau financé par la région Bretagne. Gageons que cet évènement soit une réussite et que chaque race y trouve son intérêt, notamment une reconnaissance nationale, un certain nombre de contacts futurs éleveurs de notre région, des liens avec des médias nationaux, ..

Parions également que les éleveurs des différentes races bretonnes renforcent les liens entre eux et portent ensemble, localement et au niveau national, le drapeau d'une agriculture moderne, paysanne et écologique!

19 décembre 2016

Pourquoi aider à la création de nouveaux élevages professionnels en race Landes de Bretagne ?

Pourquoi aider à la création de nouveaux élevages professionnels en race Landes de Bretagne ?

  1. Pour développer les effectifs totaux (plus de 3000 brebis en 2016), à condition qu'ils soient en race pure et de qualité (bons aplombs, bonnes machoires), facteur de réussite d'une sauvegarde démarrée en 1986 à partir d'une soixantaine d'animaux,
  2. Afin de créer de l'émulation,
  3. Afin de promouvoir les produits qui en sont issus d'une manière plus visible (effet de masse),
  4. Afin de montrer la faisabilité économique de telles installations par l'analyse de la diversité des systèmes et des types d'exploitations,
  5. Pour être solidaires entre paysans ..

Comment aider à la création de nouveaux élevages professionnels?

  1. Par le dynamisme de l'assocation à mettre en lien acheteurs et vendeurs d'animaux en privilégiant les projets professionnels,
  2. Par l'élevage de toutes les agnelles (95%) et vente du surplus pour la reproduction,
  3. Par le parrainage des porteurs de projet via un éleveur expérimenté de son territoire (département)
  4. Par la fourniture d'éléments techniques et économiques de plus en plus précis et fiables,
  5. Par la promotion des races locales auprès des institutions agricoles afin de crédibiliser et vulgariser l'expérience acquise ...

Les éleveurs professionnels adhérents à Denved ar vro ont donc un rôle important à jouer pour le développement de la race: rejoignez-nous ! ..

Régis Fresneau