La conservation des races locales, un combat qui n'est pas prêt d'être terminé !

Lorsque les races locales à petits effectifs voient à la fois leurs effectifs animaux et le nombre d'éleveurs augmenter régulièrement voire fortement, on remarque souvent - et c'est probablement assez naturel -  une phase de relachement dans les programmes de sauvegarde menés par les associations d'éleveurs. En fait, tout cela reste très fragile et mérite d'y prêter attention et de faire le point où on en est dans chaque race:

  1. Il ne suffit pas d'augmenter les effectifs d'une race pour qu'elle soit sauvée, la qualité des animaux et la variabilité génétique (faut-il encore la connaître) entre eux sont tout autant importantes,
  2. Un programme de sauvegarde se doit d'être bien compris et partagé par tous les éleveurs (amateurs ou professionnels)

Les principaux axes de sauvegarde:

  1. L'inventaire des élevages et si possible des animaux (bien connaître l'ensemble du cheptel et tous les détenteurs, adhérents ou non)
  2. Créer les outils d'appui à la reproduction nécessaires (collecte de semences, pépinière de béliers, ..)
  3. Mieux connaître la population animale et ses aptitudes (collecte de références - mesure de la variabilité génétique)
  4. Favoriser la circulation de l'information (listing des éleveurs partagé entre tous les détenteurs d'animaux de la race - données généalogiques accessibles sur demande)

Quelles sont les priorités régaliennes que devrait se donner une association d'éleveurs telle que Denved ar vro ?

Point 1: Tenir et mettre à jour un listing d'éleveurs (adhérents et non adhérents) reste la première chose à faire sérieusement et à pérenniser.

Point 2: La collecte de semences a eu lieu en belle-île mais reste liée au stokage de lignées prolifiques. ces semences n'ont pas pour objet d'être réintroduites en routine (réserve génétique). Pas de projet en Landes de bretagne. Par contre, il faudra probablement créer des pépinières de béliers pour les 2 races afin de contribuer à une meilleure reproduction en monte naturelle: là est bien une action à mener directement par l'association.

Point 3: Meiux connaître sa race est un but important pour un éleveur motivé. Il peut le faire seul chez lui (peser ses agneaux à la naissance puis régulièrement, peser ses adultes,..) ou favoriser la collecte chez lui de données afin d'en comparer les résultats entre élevages et dans l'ensemble de la population.

Point 4: Diffuser ses listings de détenteurs d'animaux est un axe fort de la sauvegarde à ne surtout pas négliger.

Quelles actions déléguer à un tiers?

Point 1: S'appuyer sur l'expérience et le professionnalisme d'IDELE en matière de reccueil, stockage et restitution de données généalogiques,

Point 2: Faire collecter de la semence de béliers (si nécessaire) par un centre agréé dont c'est le métier.

Point 3: L'association doit en garder la maîtrise, mais elle peut en déléguer l'opération à un stagiaire (données animales) ou un prestataire (variabilité génétique).

Point 4: La fourniture de données généalogiques via notamment la délivrance de certificats raciaux doit être déléguée à un tiers come IDELE, ou un groupement d'OS.

Conclusion:

Travailler ces 4 points au sein de l'association d'éleveurs puis partager les choix d'actions qui ont été établis et plannifiés, apparait comme incontournable et souhaitable pour la pérennité de nos races même si elles ont déjà retrouvé toute leur place, au-travers de leur beauté patrimoniale et leur utilité !