La prestation de service en éco pâturage semble vouloir émerger économiquement. Ce ne sera pas un eldorado, mais une niche où plusieurs professionnels vont pouvoir travailler dans chaque département à l'avenir, cela en phase avec les préoccupations sociétales et les obligations vers la transition énergétique des collectivités et entreprises.

Depuis une petite dizaine d'années où ces prestations ont débuté, d'abord en région parisienne, il semble que les résultats des prestations pratiquées soient hétérogènes avec des acteurs pas toujours professionnels, ni formés à l'élevage notamment.

Personnellement je milite pour que l'activité d'éco pâturage se développe à partir d'élevages professionnels, ceci pour plusieurs raisons:

  • Le bien-être animal ne se décrête pas, il se vit entre la bonne relation entre l'animal et son éleveur; ainsi un éleveur compétent voit facilement et rapidement les problèmes éventuels, lorsqu'il ne les aura pas tout simplement évité par son expérience;
  • L'éleveur professionnel dispose d'uen exploitation avec une bergerie et d'autres animaux dans son élevage; ainsi, lorsqu'une bête est malade (voire morte) il peut la rapatrier et la remplacer aisément: on ne laisse pas un animal en difficulté face au public;
  • L'éleveur professionnel répond dans son élevage à un certain nombre d'obligations sanitaires (prophylaxie, déclaration d'activité, registre d'élevage, ..) qu'il connait bien et qu'il maîtrise, l'activité d'éco pâturage n'est qu'un prolongement de son exploitation;
  • L'éleveur professionnel en race locale à faibles effectifs ou en conservation (exemple du mouton Landes de Bretagne) a besoin de se développer; ainsi il parait nécessaire de poursuivre la reproduction en race pure si possible avec toutes les brebis: le retour en bergerie l'hiver est alors nécessaire;
  • La prairie, comme l'animal (et l'homme) a besoin de se reposer en dehors de la période de pousse: il est donc primordial d'enlever les animaux avant fin octobre (mi-novembre selon conditions climatiques); les animaux seront ramenés fin mars-début avril pour une nouvelle saison.

Il paraitrait donc nécessaire que la  nouvelle "profession" s'organise afin de structurer l'activité. Cela a été le cas par exemple lorsque les paludiers de Guérande-Mesquer ont relancé à bout de bras au début des années 80  la production et la filière salicole de la Presqu'île; ils ont même lancé et animé eux-mêmes la formation qualifiante qui n'existait pas.

Qui doit le faire? sur quel taille de territoire : national?, régional?, départemental? et quand est-ce que cela doit se mettre en place? Quelle éthique sommes-nous capable de mettre en avant?

Beaucoup de questions sont sans réponses aujourd'hui, il faut donc y travailler ...

à suivre, présentation de l'association "L'éco pâturage paysan 44"